Projet de société

« Les défis d’aujourd’hui pour un Congo Uni et prospère »

Adopté à la Première Convention Nationale
à Komono, le 17 décembre 2025

Les Congolais sont attachés à l’Etat, notamment dans son rôle d’investisseur social dans les domaines qui engagent l’avenir :

  •  l’éducation ;

  •  la santé et la protection sociale ;

  •  la justice et la sécurité ;

  •  l’emploi.

Mais, réformer l’Etat pour les Congolais se ramène principalement à :

  •  réformer la justice ;

  •  réformer la gouvernance publique.

Pour le P.PA.S.D, ces deux exigences font partie de la réforme générale de l’Etat, qui englobe celle des institutions. L’Etat doit être fort et poursuivre l’intérêt général.

La réforme de l’Etat est une exigence de reconstruction de la capacité de l’Etat, par la réorganisation complète des institutions dans le but de réaffirmer la primauté du droit et de lutter de façon crédible contre tous les abus de pouvoir.

Réformer l’Etat, c’est conjuguer une exigence de transparence, d’éthique, d’une meilleure gouvernance. Il s’agit en fait de recréer la confiance des citoyens dans les pouvoirs publics.

I. LA RÉFORME DE LA JUSTICE

Rendre la justice, garantir la sécurité des personnes et des biens sont les missions premières de l’Etat. Une réforme de la justice ne peut donc se concevoir en dehors de la réforme de l’Etat, la justice elle-même ne pouvant être pensée en dehors de l’Etat.

La justice est l’une des institutions les plus appréciées des Congolais, et dont le fonctionnement est vivement critiqué. Ces critiques sont bien connues :

  •  dépendance par rapport aux pouvoirs politiques et économiques ;

  •  impuissance à assurer un traitement égalitaire des justiciables ;

  •  procédures coûteuses, opaques, lentes, peu efficaces, etc.

Ne dit-on pas avec justesse que la justice est le miroir de la république ?

L’attitude face à la justice est directement liée à la structure des opinions sur la société et plus particulièrement, sur la politique et ses institutions. Tout se passe comme s’il y avait une sorte de couplage, chez les Congolais, entre politique et justice. La justice est donc un problème politique très important auquel le P.PA.S.D doit s’attaquer pour rendre à la justice son indispensable indépendance, sa neutralité et sa crédibilité.

Pour le P.PA.S.D, la séparation des pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire demeure une garantie fondamentale de la démocratie. Cet équilibre de l’Etat ne peut-être atteint que par la reconquête de l’indépendance des pouvoirs législatif et judiciaire face au pouvoir exécutif.

1. 1. La reconquête de l’indépendance du pouvoir judiciaire

L’indépendance de la justice est placée au Congo sous la garantie du Président de la République, assisté pour cela par le Conseil supérieur de la magistrature.

Certes, le Conseil supérieur de la magistrature permet une collaboration des pouvoirs dans le but d’éviter l’arbitraire des nominations et dans le déroulement de la carrière des magistrats de l’ordre judiciaire, en exerçant également le pouvoir disciplinaire. Mais le maintien de la fonction prépondérante du Président de la République et du garde des Sceaux, donc des politiques, suscitent des critiques récurrentes qui affectent la notoriété de cette institution.

 

1.2. L’accès à la justice pour tous

Afin que les droits des personnes soient réellement assurés, l’accès à la justice ne doit être entravé ni par le coût, ni par la complexité du système. Les relations entre les citoyens et la justice doivent se vivre dans de hautes conditions d’humanité.

Le P.PA.S.D opte pour une véritable aide juridictionnelle, au profit des justiciables, dont l’existence des revenus ou leur faiblesse ne permet pas de faire face aux frais inhérents à toute procédure judiciaire.

1.3. La carte judiciaire

Dans le cadre de la politique de décentralisation, la carte judiciaire doit être revue pour atteindre ses objectifs :

  •  la justice doit apporter une réponse rapide aux infractions. Par sa rapidité, par sa fermeté juste, elle doit saper à la base tout sentiment d’impunité dans le chef des auteurs ;

  •  la justice doit être proche de la population.

1.4. La garantie du droit des victimes

Le droit des victimes doit être mieux garanti. Garantir l’ordre public, protéger les plus faibles, arbitrer les litiges, entre toutes les formes de criminalité de plus en plus complexes, exige des moyens humains et matériels appropriés.

Dans un Etat de droit, la justice pénale doit rechercher en permanence un équilibre entre les droits de la victime et ceux de la défense. Le PRL milite pour une justice républicaine.

II. RÉNOVER LA GOUVERNANCE PUBLIQUE

Dans sa dimension économique, la réforme de l’Etat peut se définir comme la transformation du rôle économique de l’Etat dans le sens d’une amélioration des capacités d’impulsion. Du point de vue stratégique, pour que la nouvelle gouvernance soit possible, l’Etat doit se dégager de certaines missions qu’il remplit dans le secteur économique, pour remplir un rôle moteur d’investisseur social dans les domaines qui engagent l’avenir comme, l’éducation, la santé, la protection sociale, les infrastructures d’intégration et de développement.

Dans cette acceptation, la décentralisation est un formidable levier pour réformer l’Etat. Elle est une des conditions de la modernisation de l’Etat, de l’approfondissement de la démocratie, du bon fonctionnement des services publics.

La décentralisation permet à l’Etat, de mieux cerner ses missions régaliennes et de solidarité d’une part ; de mieux cerner les besoins fondamentaux des populations et d’y répondre. C’est pour cela que le PRL soutient l’approfondissement de la décentralisation, pour une meilleure efficacité de l’action publique.

En effet, la proximité des autorités décentralisées permet de répondre avec plus d’efficacité et à un moindre coût aux besoins de la population. Mais ceci n’est possible qu’avec le transfert réel des compétences et des moyens de l’Etat vers les collectivités territoriales.

La mise en œuvre réelle de la décentralisation rend nécessaire une réforme budgétaire pour adapter la loi organique des finances publiques, à la nouvelle organisation territoriale et rendre cohérente les différentes interventions de l’Etat. Cette réforme budgétaire devra obéir à deux (2) impératifs :

  •  le renforcement du pouvoir budgétaire du parlement, en matière d’autorisation et de contrôle ;

  •  la modernisation de la gestion publique. L’ambition de la réforme en matière de gestion de l’Etat est de faire passer l’administration, d’une logique de moyens, à une logique de résultat.

 

Avec cette réforme, il s’agit de faire la conjonction entre la réforme de l’Etat territorial, et la réforme budgétaire.

Le renouveau de la gouvernance n’est possible qu’avec le renforcement des valeurs éthiques :

  • le respect scrupuleux de la loi organique portant organisation des finances de l’Etat, notamment le respect de la séparation entre l’ordonnateur et le comptable. L’organisation, la composition, le fonctionnement et les plus attributions de la Cour des comptes doivent être revus pour d’indépendance ;
  •  la réhabilitation des corps de contrôle de l’Etat : l’Inspection générale d’Etat et l’Inspection générale des finances ;

  •  la lutte contre la corruption ;

  •  la lutte contre la fraude.

Les valeurs éthiques se trouveront renforcées si et seulement si, la transparence dans la gestion des affaires publiques est réaffirmée. La déclaration patrimoniale systématique, avant la prise de toute fonction est impérative.

III. LA RÉFORME DE LA FONCTION PUBLIQUE

Il ne s’agit pas pour le P.PA.S.D de s’attaquer au statut de la fonction publique, mais plutôt de rendre la fonction publique efficiente et de renforcer la confiance des citoyens dans les administrations. Le manque d’efficacité de la fonction publique est régulièrement dénoncé. Le sentiment actuel est que la fonction publique s’est constituée en monde protégé par rapport au reste de la société et se nourrit du clientélisme et du corporatisme.

Pour le P.PA.S.D, la fonction publique doit revenir à ses fondamentaux : intègre, compétence et non politisée. Ceci est la première exigence pour rétablir la confiance.

Revenir aux fondamentaux impose aussi, « la nécessaire adaptation des règles de gestion de la fonction publique aux exigences de la gestion des ressources humaines ».

La conception renouvelée de la gestion des ressources humaines suggère que la fonction publique s’appuie sur six (6) principes :

  •  la recherche de proximité ;
  •  la professionnalisation des concours de recrutement ;
  •  l’évaluation individuelle des agents ;
  •  la mobilité ;
  •  la formation continue ;
  •  la transparence.

Ceci implique la mise en œuvre de la « Chaîne vertueuse » : Objectifs > Moyens > Résultats > sanctions, de sorte à tirer les conséquences des résultats obtenus par l’action publique. L’organisation centralisée du pouvoir de gestion de la fonction publique congolais a pour effet de diluer les responsabilités. Les pouvoirs des chefs de service et des ministres sont étroitement cantonnés.

– Mettre en place la fonction publique territoriale.

Pour le P.PA.S.D, la satisfaction de la demande sociale est une priorité de l’action politique.

1. Le système éducatif

Le système éducatif doit garantir la réussite et être compétitif. L’éducation est la priorité absolue de notre projet. L’égalité des chaque doit et assurée à tous les Congolais.

Puisque deux ménages sur trois vivent en dessous du seuil de pauvreté, le phénomène « échec/abandon » scolaire et la pauvreté forment un cercle vicieux, dont le cycle est désormais difficile à rompre et produit le phénomène des « enfants de la rue ».

Les faiblesses structurelles du système éducatif congolais, taux élevés de déperdition, abandon scolaire, redoublement, mauvaise qualité des enseignants, professeurs abandonnés dans les choix des méthodes et des démarches, au nom « d’une prétendue liberté pédagogique », ainsi que l’insuffisance d’infrastructures et d’enseignants, expriment un désengagement de la République.

Notre système éducatif est réparti en trois niveaux : le primaire, le secondaire et le supérieur.

Son renouvellement exige de « l’audace » et de la « rigueur » et passe par :

  1. La mise en œuvre réelle de la scolarisation obligatoire de cinq ans à seize ans ;

  2. L’égalité des chances par l’éducation. La gratuite et laïcité du système éducatif doivent être réaffirmées. La multiplication des écoles privées ne se justifie que par l’insuffisance d’infrastructures scolaires et universitaires. Ces structures privées doivent être sous contrat avec l’Etat, c’est-à-dire qu’elles doivent se conformer aux directives et programmes officiels provenant du ministère et avoir un vrai projet éducatif.

    L’Etat aura à créer des écoles et collèges de proximité (plusieurs villages n’en disposent pas) et des lycées (généraux et techniques) par district, avec des internats, comme « moule de la république ».
    Beaucoup d’élèves sont privés de la chance d’entreprendre des études supérieures, tout simplement parce qu’ils sont issus de familles démunies ; l’Etat a l’obligation de concevoir une carte universitaire et de créer des domaines universitaires. Ceci est une exigence dans la bataille mondiale de l’intelligence.

  3. Réhabiliter la profession d’enseignant, la moderniser, revaloriser la rémunération et que nos enseignants exercent leur métier dans de bonnes conditions. En contrepartie, ils devront être régulièrement évalués, conformément aux exigences de la fonction publique rénovée.

  1. Réhabiliter le système d’orientation en l’adaptant aux exigences de développement de notre pays. En effet, l’orientation des élèves doit tenir compte des emplois futurs que peut offrir le pays. L’orientation doit donc être mise en place en fonction des perspectives de chaque métier. Ce système permettrait aux élèves d’éviter les filières sans débouchés, et donc d’éviter à l’Etat de financer des formations inutiles.

  2. Réévaluer la politique, le système de gestion et d’attribution des bourses d’études et revaloriser la bourse des étudiants congolais tant sur le territoire national qu’à l’étranger.

  3. Réhabiliter le service civique pour développer le sens des autres et de la nation ; « le service civique sera une occasion donnée à chaque jeune d’élargir l’horizon de ses préoccupations et d’être sensibilisé à l’importance de l’entraide, de l’intérêt général, de l’esprit républicain, du sentiment d’appartenance à une communauté nationale. Pour toute notre société, c’est un vecteur puissant de respect et de lien social ».

2. Le système de santé

Le mauvais fonctionnement du système de santé, la fuite des cerveaux du secteur de la santé publique vers le privé, alimentée par la détérioration tant des conditions de travail, que des infrastructures et des équipements dans la plupart des institutions de santé, les pénuries sévères de médicaments et autres fournitures, la faiblesse du pouvoir d’achat du personnel de la santé publique constituent les principales préoccupations.

Les crises dans l’offre de santé publique ont permis l’émergence et/ou l’expansion des services de santé privés soutenus par une logique de marché.

Cette situation a généré une structure de santé fortement stratifiée où les travailleurs pauvres et les ménages pauvres et/ou indigents doivent se satisfaire du système public de santé tel qu’il existe, pendant que les individus les plus fortunés se dirigent vers les centres médicaux privés intérieurs et/ou extérieurs.

C’est pour cela que le P.PA.S.D plaide pour une équité de traitement pour l’ensemble de la population. L’Etat doit améliorer l’offre de santé publique, en quantité et en qualité, et réconcilier les Congolais avec le système de santé. En effet, par le passé les établissements publics de santé ont toujours bénéficié de la confiance des populations, et ces établissements constituaient souvent le premier choix de la plupart des patients en raison de la qualité de leurs services et des équipements à l’époque à la disposition du personnel.

Le P.PA.S.D réaffirme l’égalité devant le service public, ainsi que la qualité du service public. La protection sociale doit être généralisée. Aussi, les indigents, les travailleurs, les populations rurales et urbaines, en tant que forces vives de la nation, doivent-ils bénéficier d’un système de soins de qualité au collectif le plus bas.

Le budget de la santé doit être conséquent. Le redéploiement territorial des médecins est nécessaire. Une refonte profonde de la carte sanitaire nationale s’impose. Notre politique de santé doit prendre en compte les éléments suivants :

  • Une place privilégiée à la prévention : l’Etat ayant des ressources généralement limitées, il est indispensable de passer de la culture curative, à la culture préventive. Pour cela, il est urgent de structurer et de promouvoir une véritable culture d’éducation à la santé, ainsi qu’à la responsabilisation de la population vis-à-vis des principales pathologies recensées au Congo, et plus particulièrement, des comportements à risques et les assuétudes désormais légions notamment auprès des jeunes ;
  • Création d’hôpitaux de « proximité » ou locaux (district) afin de permettre un meilleur accès des populations à des soins de santé de qualité pour tous et assurer la couverture des besoins des populations vivant en milieu rural notamment. D’où l’impérieuse nécessité d’une refonte générale de la carte sanitaire dans notre pays, avec pour objectif, un meilleur rééquilibrage et une meilleure affectation tant des moyens, que des ressources matérielles, humaines et financières sur l’ensemble du territoire national. Les médecins doivent s’appliquer à faire vivre et à animer ces hôpitaux locaux dits de « proximité » ;
  •    Création d’un Service mobile d’assistance et d’intervention médicale d’urgence (type SAMU en France) dans les centres urbains, en vue de la délivrance rapide et d’urgence des premiers soins en cas d’accidents ou de détresses médicales vitales ;
  •    Protection accrue des malades chroniques et mise en place d’un Plan d’action globale contre ces malades ;
  •    Revalorisation de la rémunération des travailleurs et employés de la santé publique pour redonner au secteur public toute son attractivité et corriger ainsi les distorsions public/privé dans ce secteur ;
  •    Simplifier la prise en charge administrative et médicale des malades dès leur arrivée dans les centres médicaux et hospitaliers publics : « le malade d’abord, l’argent après ! » ;
  •    Formation et recyclage du personnel sanitaire et soignant de la santé publique.

3. La sécurité et la protection civile

Politique régalienne de l’Etat, la sécurité intérieure est une préoccupation essentielle des citoyens. La première mission de l’Etat est d’assurer la protection et la sécurité de ses citoyens. La politique de sécurité intérieure recouvre cinq missions :

  •    l’ordre public ;
  •    la surveillance du territoire et la protection de la souveraineté ;
  •    la sécurité publique ;
  •     la sécurité routière ;
  •    la police judiciaire et le concours à la lutte contre l’immigration irrégulière.

Cette politique est mise en œuvre par la police et la gendarmerie nationales.

Au Congo, les responsables politiques et gouvernementaux privilégient en matière de sécurité publique, le maintien de l’ordre, au détriment de la sécurité des biens et des personnes. La logique préservée est la répression. La sécurité intérieure doit changer de paradigme.

À la logique traditionnelle répressive, doit s’ajouter un travail de prévention. Ceci exige, une coopération plus poussée entre les services de police et de justice, mais aussi leur ouverture à un nouveau type de partenariat avec les collectivités locales, les associations, la société civile et la population.

Ces intervenants sont pour la plupart des fonctionnaires. Au niveau du terrain, le noyau dur de la sécurité publique est constitué de quatre acteurs : la préfecture, le parquet, la police nationale et la gendarmerie. Chacune de ces administrations est fortement hiérarchisée, fortement cloisonnée, et à tendance à former un système clos, fonctionnant selon sa logique et ses intérêts catégoriels propres. Elle est donc, a priori, peu ouverte sur l’extérieur et peu portée à la coopération.

Il devient impératif d’établir un cadre de sécurité nationale intègre. Il est essentiel que nos principaux outils en matière de sécurité fonctionnent d’une façon totalement intégrée pour protéger les intérêts des Congolais en matière de sécurité, ce qui relève à la fois, d’une véritable attente et d’une vraie demande sociale.

Ce cadre intégré fera coopérer : la sécurité publique et la protection civile, avec les structures liées au renseignement, à la surveillance policière et à l’application des lois, au système correctionnel et à la prévention du crime, aux services frontaliers, au contrôle de l’immigration et à la gestion des urgences.

La police et la gendarmerie doivent être visibles, présentes et disponibles. Elles doivent rassurer, surveiller, être dissuasives et pouvoir agir. Elles doivent se faire proches et être un premier recours utile et facile pour prévenir du danger et des risques encourus. Pour cela, l’Etat a l’obligation :

  •  d’augmenter le potentiel des forces de sécurité en recentrant leur action sur leur corps de métier ;
  •  d’assurer une formation professionnelle efficiente ;
  •  de mieux organiser les forces de sécurité sur le plan géographique et fonctionnel en vue de répondre de façon plus adaptée aux nouvelles formes de criminalités et de délinquances ;
  •  d’améliorer l’efficience de la politique de sécurité routière ;

 de doter la sécurité civile de moyens et de structures adéquats.

L’efficacité des secours à la population est une priorité. Elle passe par une réforme complète des services d’incendie et de la protection civile, ainsi que par la revalorisation du statut du personnel.

4. L’emploi

La situation de l’emploi au Congo est préoccupante. C’est l’agence Congolaise pour l’emploi (ACPE) indique un taux de chômage de 41%, mais comme tout le monde le sait, ce pourcentage est en réalité beaucoup plus élevé. Dans nos grandes villes, et tous les Congolais le voient, «des jeunes hommes et des jeunes femmes traînent dans les rues à longueur de journée, sans avoir grand-chose à faire… et dans certains cas se livrent même à des activités criminelles».

Une croissance sans emploi relève d’une mauvaise politique, non seulement sur le plan social, mais également sur le plan économique». Le taux de chômage élevé, surtout des jeunes, est une véritable « bombe sociale à retardement ». En effet, la paix et la sécurité peuvent être menacées par « le nombre croissant de jeunes qui n’ont aucune possibilité de pouvoir un jour gagner leur vie correctement ». Lutter contre le chômage, c’est lutter contre la pauvreté qui en dérive.

C’est pour cela que le PPASD veut placer la jeunesse au premier rang des priorités nationales, conscient de son rôle agissant dans l’impulsion du processus de développement intégral du pays et dans l’édification du Congo d’aujourd’hui et de demain.

L’emploi des jeunes doit réintégrer le débat politique national et un axe prioritaire dans nos stratégies de lutte contre la pauvreté.

L’emploi dans le secteur informel est plus important, notamment chez les jeunes femmes. Il faut dire que les gains dans ce secteur d’où les pauvres urbains tirent l’essentiel de leur moyen de subsistance sont particulièrement sensibles. « Le secteur informel ne permet pas desortir de la pauvreté, au contraire, il y enfonce davantage les individus ».

L’emploi rural est absent des préoccupations nationales depuis la disparition des offres de commercialisation et des caisses agricoles. Un secteur rural qui, en dépit des opportunités qu’il renferme, demeure encore le siège de la pauvreté et de la misère.

 

Non pas parce qu’il n’emploie pas, mais parce que tout simplement, le niveau de revenus qu’il offre est quasi-insignifiant du fait de l’absence d’initiative réelle de valorisation des produits à travers l’industrialisation et la transformation locales. C’est pourquoi, le P.PA.S.D veut mener à l’égard de l’emploi, une politique courageuse et volontariste.

a. Par la création d’entreprises :

–  En tant que régulateur, l’Etat doit créer la Banque de solidarité nationale et un Fonds national pour l’emploi, qui seront les plus importants mécanismes d’aide à l’emploi, permettant aux jeunes de bénéficier de microcrédits pour créer leurs propres entreprises, ainsi que pour renforcer les programmes de formation et de mise à niveau destinés aux demandeurs d’emploi qui n’ont pas de spécialité, afin de faciliter leur intégration dans le circuit économique. Ce qui impose de revaloriser et de stimuler l’image de l’entreprise et de stimuler l’esprit d’initiative auprès des jeunes ;

–  L’emploi ne peut se créer sans les entreprises. Notre défi est de stimuler l’agriculture, l’élevage, la pêche, l’industrie en soutenant les entreprises dans les secteurs qui demeurent des viviers importants d’emplois.

b. Par une politique active de lutte contre le chômage :

Développer un Programme de travaux publics à base communautaire. Ce programme emploierait des travailleurs non-qualifiés et semi-qualifiés pour construire des écoles, des hôpitaux et des routes. Il vise à leur fournir un revenu à court terme et des compétences à long et moyen terme.

c. Par la détaxation de l’importance des biens d’équipement pour l’amélioration de la compétitivité et de l’investissement, afin de favoriser un développement économique créateur d’emplois, en particulier pour les jeunes.

d. Par l’encouragement à l’emploi des personnes handicapés et par l’instauration d’aides spécifiques pour leur embauche.

Mais cette politique active de lutte contre le chômage n’est possible que si nous changeons de politique économique, et comme dirait l’autre : « il faut que nous ayons une politique économique qui agit, et non qui subit ».

Grâce à ces mesures, nous pourrons réduire durablement la pauvreté, l’exclusion et la précarité dans notre pays.

5. Le pouvoir d’achat

Pour le P.PA.S.D, le pouvoir d’achat ne se règle pas par une cascade de mesurettes, qui ne sont pas autre chose, que des effets d’annonce. La question du pouvoir d’achat impose de réorganiser la distribution des richesses produites par l’un des pays les plus riches du continent.

Pour le P.PA.S.D, le pouvoir d’achat est à considérer dans le cadre du développement durable, dans le cadre de la solidarité et dans le cadre de droits ouverts à tous les citoyens (santé, éducation, logement, transport, etc.).

Pour le P.PA.S.D, la question du pouvoir d’achat, ce n’est pas de « pouvoir acheter » qui est la priorité des priorités, mais de faire en sorte que les 70% de Congolais, soit 2.800.000 citoyens vivant en dessous du seuil de pauvreté retrouvent la simple dignité. De sorte que chaque citoyen toute sa place dans la gestion de l’Etat et sorte ainsi de l’infamante condition de « pauvre ».

C’est dans un projet de société juste, solidaire et ambitieux que doivent s’inscrire les problèmes liés à la pauvreté. Même si la tâche semble très difficile, c’est aujourd’hui qu’il faut s’y atteler.

C’est pourquoi le P.PA.S.D affirme que l’augmentation des salaires, comme celui des retraites et/ou autres pensions est une nécessité et, une première solution pour améliorer le 10/34

pouvoir d’achat.

Les autres solutions sont :

  •  la prise en charge intégrale par la Sécurité sociale, des frais de santé résultant des pathologies récurrentes liées à l’insalubrité publique et à l’absence d’une politique d’assainissement urbain et rural. Dans cette acception du déficit de la branche maladie de la Sécurité sociale, cette prise en charge intégrale doit être financée par l’Etat ;

  •  la construction de logements avec une réelle vocation « sociale » ;

  •  la TVA sur les produits de première nécessité doit être ramenée à 0% ;

  •  la TVA sur les médicaments doit être ramenée à 0% ;

  • la prime de transport doit être revalorisée. Du fait d’une urbanisation non contrôlée, des embouteillages récurrents, et plus encore de l’impraticabilité de certains tronçons urbains, les distances « domicile-travail » s’en trouvent parfois rallongés et longs.

Tout ceci ne sera possible que si nous diversifions notre économie et que nous options pour une gouvernance publique orthodoxe.

6. Le sport

Le « Modèle congolais » de l’organisation du sport, hérité de la colonisation, repose sur la coopération entre l’Etat, qui assure des fonctions régaliennes, et le mouvement sportif. Celui-ci est structuré en fédérations et associations sportives qui assurent de véritables missions de service public.

L’organisation de la pratique sportive au Congo repose essentiellement sur le secteur associatif et sa représentation mutualisée au travers du Comité national olympique et sportif. Le sport au Congo n’est pas codifié, bien que les activités physiques et sportives soient « d’intérêt général » et constituent un « droit ».

 

L’organisation administrative territoriale devra nécessairement modifier les modes d’actions de l’Etat dans le sport. Dès lors, une loi d’orientation générale du sport doit être prise pour définir un nouvel équilibre dans les relations entre les acteurs traditionnels du sport – l’Etat et les fédérations sportives –, et les nouveaux acteurs – collectivités territoriales et locales, médias et monde de l’entreprise –.

C’est pour cela que le P.PA.S.D plaide pour une loi qui :

  • fixe le cadre du service public du sport, en réaffirmant le principe de la reconnaissance d’une étroite complémentarité entre l’Etat et le mouvement sportif ;

  • régule également le rôle des collectivités territoriales, le sport de haut niveau, la surveillance médicale, les assurances, la sécurité des équipements et des manifestations, la programmation des équipements sportifs, les formations des formateurs et des éducateurs, et jusqu’aux espaces, sites et itinéraires relatifs aux sports de nature ;

  • fixe le mécanisme du financement du sport ;

  • régule la privatisation de l’offre sportive. En effet, l’industrie du sport est une filière

    économique combinant les stratégies de commercialisation et de communication. Sous d’autres cieux, l’industrie du sport est devenue un terrain privilégié d’investissement pour des groupes de communication de taille internationale.

    Pour redonner au sport toute sa notabilité dans le pays, les principes de bonne gouvernance dans le sport doivent être appliqués. Ceci contribuerait à éliminer la corruption et d’autres pratiques répréhensibles.

    Depuis, l’application des principes de bonne gouvernance dans le sport est essentielle à l’accroissement de la popularité du sport ; ainsi qu’à l’encouragement du sport en tant que vecteur d’une participation active et saine des citoyens, et d’une intégration sociale.

    Le P.PA.S.D plaide pour la garantie de l’accès pour tous à la pratique d’une activité sportive. Elle concerne les jeunes scolarisés, les femmes et toutes celles et ceux qui sont confrontés à des difficultés sociales ou à un handicap. La permanence de cette « mission de service public » comporte l’exigence d’une professionnalisation accrue de l’encadrement des métiers du sport et de la formation à la pratique sportive.

    Pour le P.PA.S.D, le sport est une école de vie. Il doit être généralisé dans le système éducatif et le monde du travail. À cet égard, l’office nationale du sport scolaire et universitaire (ONSSU) doit être redynamisé pour jouer, de nouveau, le rôle de creuset de la jeunesse sportive congolaise, qu’il a été pendant longtemps dans notre pays.

L’Etat doit incarner l’intérêt général. Par conséquent, en matière de protection sociale de tous les citoyens, il devrait promouvoir l’avènement d’un système de moins en moins injuste, de plus en plus équitable, et de plus en plus solidaire et égalitaire.

Pris en otage dans les engrenages de la misère et de la pauvreté, et donc en proie à d’insurmontables difficultés par certaines de milliers, des Congolaises et des Congolais ne vivent pas, ou ne vivent plus, mais plutôt survivent au quotidien, lorsque bon nombre d’entre eux ne se meurent pas lentement, à petit feu.

Parce que, en dépit des énormes richesses dont dispose le Congo, la solidarité nationale, formellement et légalement organisée au profit de toutes les catégories sociales de l’ensemble des citoyens, n’est pas significative.

Par conséquent, il urge de concevoir des politiques de solidarité nationale volontaires, ambitieuses, audacieuses, fécondes et intelligentes, qui auront vocation de contrer fondamentalement les avancées et les méfaits de la pauvreté, afin de relever et d’inverser durablement les rougeoyants indices de développement humain au Congo.

– Vous avez dit solidarité nationale ?
– Mais qu’est-ce que donc la solidarité nationale ?

Non, la solidarité nationale, ce n’est pas l’aumône !

Ce n’est pas la récompense nationale de la paresse endémique des fainéants et autres farnientes invétérés.

Ce n’est pas l’enrôlement des citoyennes et citoyens dans des infanteries infamantes de la mendicité et d’éternels assistés, auxquels on apprendrait jamais comment pêcher d’eux- mêmes le poisson dont ils ont besoin pour satisfaire leurs besoins alimentaires basics et journaliers.

Ce n’est ni une résurrection ou une résurgence de l’Etat providence qui reviendrait distribuer des mannes célestes.

C’est l’acceptation par l’ensemble du peuple et par l’Etat que les pauvres, les démunis et les exclus du bien être font bien partie du corps social, et que par conséquent ils doivent bénéficier de la protection publique et de l’assistance sociale.

« L’assistance » devient alors un devoir de la nation en vertu de la Constitution et de la loi, ce qui ne modifie pas l’attribution des responsabilités dans le cadre d’une obligation considérée comme une dette sacrée de la collectivité nationale.

Le lien de réciprocité entre les citoyens qui attestent la solidarité sociale résulte du fait qu’elle n’est pas conçue comme une relation de dépendance, mais qu’elle se fonde sur un nouveau droit de l’homme qui la transforme en une garantie commune à tous les membres de la société.

Au regard des carences notoires et criardes de l’Etat en matière de protection sociale, de lutte contre la pauvreté et la misère, la Congo gagnerait à se doter d’un cadre légal de solidarité nationale, en adéquation avec les défis que des politiques publiques volontaires, ambitieuses, audacieuses, fécondes et intelligentes se devraient de relever.

À cet effet, pour favoriser effectivement la création des liens de réciprocité citoyenne en matière d’assistance nationale et sociale, promouvoir l’intégration des classes pauvres dans

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la nation grâce au partage juste et équitable des avantages sociaux, l’Etat et l’ensemble des citoyens devraient contracter un « Pacte de Solidarité Nationale ».

Le Pacte de Solidarité Nationale

Dans le cadre du Pacte de Solidarité Nationale, l’Etat et les citoyens auront d’abord à faire méthodiquement un état des lieux exhaustif de la pauvreté et de la misère dans toutes ses dimensions au Congo, tout en établissant les relations des causes et des effets.

Ensuite, ils apporteront graduellement des propositions essentielles aux problèmes diagnostiqués qui relèvent du domaine de l’assistance nationale et sociale, lesquelles seront soumises au gouvernement pour en programmer et financer la mise en œuvre, moyennant des inscriptions conséquentes aux budgets annuels.

En vue de promouvoir des politiques volontaires, ambitieuses, audacieuses, fécondes et intelligentes de solidarité nationale, voici, entre autres, les sujets que le PRL se proposait d’inscrire au menu du Pacte de Solidarité Nationale (PSN), pour des suites adéquates à donner aux pouvoirs publics :

  •    les prestations des services de la santé au profit des populations démunies ;
  •    les prestations des services des affaires sociales au profit des populations démunies ;
  •    les capacités de lutte contre les premières causes de mortalité infantile ;
  •    les moyens de lutte contre les premières causes de mortalité en milieux
  • hospitaliers ;
  •    le programme de démoustication pour mieux lutter contre le paludisme ;
  •    l’internement et les soins des malades mentaux errants et abandonnés ;
  •    l’égalité de chance au niveau du système d’éducation nationale ;
  •    la construction d’internats pour les élèves et campus pour les étudiants ;
  •    la création des cantines dans les établissements scolaires ;
  •    les installations sportives et culturelles dans tous les districts ;
  •    la création des douches et latrines publiques dans les villes ;
  •    les actions de solidarité agissantes contre la pauvreté et la malnutrition ;
  •    l’assistance performante aux conditions de vie des orphelins.

La précarité des ressources entraîne généralement la précarité du logement, alors que le mal-logement est avant tout un problème de précarité, c’est-à-dire une situation qui peut changer, se dégrader et s’empirer rapidement.

Telle est cette dure et triste réalité de la précarité qui règne en matière de logement, mais que les pouvoirs publics n’ont jamais sur prendre pleinement en compte. Parce que les offres de logement du parc privé s’avèrent insuffisantes, et qui plus coûtent relativement chers, et de plus en plus chers au regard des modiques revenus érodés sans cesse, par les ambiantes et récurrentes poussées et flambées des inflations.

À défaut de ce qu’ils auraient préféré habiter en pleine ville, non loin de leur lieu de travail et des centres d’activités administratives et commerciales, des ménages de plus en plus nombreux, se résignent à s’installer dans les quartiers déjà populeux de la périphérie urbaine, qui, de facto, subissent les multiples effets pervers engendrés par les désordres d’une urbanisation accélérée, et non maîtrisée, totalement débridée.

Des marées de travailleurs précarisés et rejetés des quartiers urbains qui pourtant, ne sont même pas encore singulièrement cossus, déferlent dans les zones périphériques, et viennent y échouer les nouvelles recrues des populations armées de marginaux et des exclus, composées de citoyens citadins déboutés de leur bon droit de vivre en ville.

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À l’origine, c’était des paysans ou des rejetons de ceux-ci, que les mirages de la prospérité et du bien-être avaient attiré en ville, comme des lampes allumées dans la pénombre attirent vers elles des masses d’insectes imprudents qui viennent s’y brûler.

Par milliers, les flux migratoires les avaient massivement largués dans les florissants ghettos bourbeux, insalubres et pollués des cités urbaines, d’où ils ont côtoyé et convoité vainement les admirables victimes du bien-être et de la belle vie en ville.

En rien qu’à force de contempler les panoramas du bien-être fugace, d’aucuns en avaient vite fait d’oublier les impasses des populations rurales toutes quasiment dépourvues de perspectives, dont ils croyaient avoir résolument pris bonne distance définitivement.

Avec le temps, après avoir noyé leur illusion sur des lendemains qui chantent dans les sables mouvants et trompeurs des marécages urbains, les reflux désenchanteurs les ont massivement ramenés à la lisière des villes, quand ils ne sont pas carrément retombés dans les litières des rêves perdus du monde rural.

Désormais, avec les ruraux, ces citadins refoulés et de nouveau ruralisés, partagent ni plus ni moins le tronc commun du mal logement qui constitue le sous bassement du mal vivre où prospèrent toujours les cortèges de tous les maux sociaux.

Des maux que met en évidence le sociologue Pierre Bourdieu dans son livre « La misère du monde », dans lequel il évoque « la dislocation sociale », « la marginalisation », qui se traduisent par la rupture du lien social, du genre rupture du lien conjugal ou aussi pour diverses raisons, par l’impossibilité d’avoir recours à l’hospitalité familiale ou amicale.

Hélas, parmi des nouveaux forçats de la désillusion et de l’amertume, il y a aussi des fonctionnaires des catégories A,B,C, naguère réputés fleuron d’une certaine ou tout au moins apparente, mais enviable réussite sociale qui s’en trouvent actuellement de plus en plus rabaissés et relégués aux rangs de citoyens lambda évoluant en ligues D,E,F ;

Ceci étant bien dit, le P.PA.S.D ne se suffit pas à épiloguer de façon stérile sur le mal logement et toutes ses conséquences.

Mais pour le P.PA.S.D, le challenge consiste à savoir et pouvoir résoudre les problèmes de la précarité des logements qui résultent de la précarité des ressources.

En d’autres termes, le challenge du P.PA.S.D consiste à permettre à une grande partie de la population d’éviter la rupture et la dislocation sociale, la marginalisation et la souffrance sociale, et d’avoir des chances certaines de pouvoir se bâtir un avenir.

Voilà pourquoi, le logement social est l’une des réponses majeures aux questions de précarité croissante et pernicieuse qui se posent au Congo.

Pour le PARTI PANAFRICAIN POUR LA SOLIDARITE ET LE DEVELOPPEMENT (P.PA.S.D), cette réponse passe par un prélèvement de 3% des montants des budgets annuels de l’Etat, qui seront affectés à la construction des logements individuels et des logements collectifs dont les 3/5 en logements collectifs et les 2/5 en accession à la propriété.

La démarche consisterait à créer en amont une société publique d’aménagement des terrains, dont le but serait la création prioritaire des nouvelles zones urbaines, moyennant des acquisitions de terrains.

Ensuite, les terrains régulièrement acquis et aménagés, seraient apportés à des promoteurs immobiliers privés pour y ériger des logements.

L’objectif visé est de pouvoir réunir toutes les conditions requises pour atteindre la construction de trente mille (30.000) logements sociaux dans les dix années à venir. Prenant le relais en aval, la Banque de Solidarité et de l’Habitat serait chargée de financer l’accession à la propriété, suivant les demandes de logements exprimées par les différentes catégories sociales, sur base des lignes de crédit expressément mises en place à cet effet.

De même, parallèlement et en plus, la Banque de Solidarité et de l’Habitat serait également chargée de financer la construction et/ou la modernisation des anciens logements, dans des conditions bancaires les plus incitatives pour leurs propriétaires ou du moins, particulièrement adaptées aux objectifs fixés dans l’amélioration des habitats.

Pareille double approche devrait permettre d’arrêter la spirale inique de reproduction des inégalités de génération, en vue de concrétiser le droit à un logement décent, que la Constitution de la République du Congo reconnaît à chacune et à chacun.

Destiné à rencontrer la situation financière précaire des concitoyens les plus défavorisés, le logement social figure parmi les instruments qui servent à mettre à leur disposition des offres de logements abordables en quantité et qualité suffisantes.

À n’en point douter, la politique de logement constitue l’un des maillons essentiels pour assurer l’insertion réussie de tous les citoyens au sein d’une société congolaise plus solidaire et plus fraternelle.

En matière de politique de logement, il faut privilégier une approche transversale et coordonnée, en relation interactive et interdépendante avec la politique de rénovation urbaine, de fiscalité nationale et départementale, ainsi qu’avec l’urbanisme.

Le P.PA.S.D est, et restera particulièrement attentif à cette politique de logement relativement accessibles à toutes les catégories des citoyens et surtout abordables par des citoyens qui ne disposent que de faibles revenus.

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Culture et médias (moyens de communication de masse) participent à la construction de la réalité sociale et du monde vécu ; devant la crise de l’école, ils apparaissent comme les instruments de promotion du changement social.

Les médias (imprimerie, presse écrite, radio, télévision, cinéma, disque et nouvelles technologies de l’information et de la communication) représentent une modalité de transmission et d’interprétation des formes culturelles en valorisant telle idée ou pratique, ou en dévaluant telle ou telle autre.

La culture est le produit résiduel d’une communication entre les hommes, mieux, la sédimentation dans la mémoire individuelle, puis collective des stimuli (actes et messages acceptés ou tolérés) de la société. La culture et les médias sont tous les deux, les lieux de rencontre de l’intersubjectivité. C’est pour cette raison, et sans doute pour leur ambivalence épistémologique que ces deux secteurs d’activités ont été placés sous la même tutelle, celle du ministère de la Cultures et de la Communication, dans de nombreux pays.

Le Congo devrait s’en inspirer pour donner un peu plus de cohérence à l’action de ces deux secteurs clés de la vie nationale, dont l’importance n’est pas toujours reconnue à juste titre.

4.1. Culture et emploi culturel

4.1.1. Culture

La culture est l’âme d’un peuple, ce par quoi, il exprime son génie créateur et réaffirme ses valeurs cardinales. Mais dans un monde globalisant, le risque de dilution, voire de dissolution des particularismes culturels est évident. Le débat planétaire sur l’exception culturelle en est l’illustration ultime, débat qui vise à contrer l’influence de « l’american way of live » dans le monde. Outre sa puissance économique, sa force de frappe militaire, la culture est sans conteste l’arme de conquête des Américains.

Dans un tel contexte, il est clair que ceux qui ne pourront se protéger de l’invasion des produits culturels extérieurs sont condamnés à disparaître culturellement. Il importe donc pour les pays comme les nôtres de mettre sur pied, une véritable politique culturelle prenant en compte, en plus de la nécessité d’envisager la culture comme une dimension essentielle du développement, l’enjeu de la préservation de la diversité culturelle, à l’intérieur et à l’extérieur des nations.

De ce point de vue, l’appartenance du Congo à la Francophonie institutionnelle est une bonne chose. Cette instance peut être, si elle est mise à contribution, une vitrine de la culture congolaise dans les rendez-vous du « donner et du recevoir » qu’elle postule, depuis sa création, en 1970, à Niamey au Niger.

Les pays ayant en partage le français se fondant sur ce principe fondateur, qui implique des échanges équitables entre les nations, ont fait montre d’une belle unanimité lors des débats sur l’exception culturelle.

Le Congo, avec tous les atouts dont il dispose sur le front de la culture, a des arguments à faire valoir.

Mieux que par le pétrole, le Congo est connu dans le monde, positivement par la forte expression de sa musique, la vitalité de ses acteurs et la créativité de ses peintres, ses écrivains et autres artistes.

Mais, la culture ne doit pas se résumer à une exploitation des expressions spontanées des qualités innées de nos créateurs, mais doit faire l’objet d’une gestion rigoureuse, d’où la nécessité d’une politique culturelle, en tant qu’instrument de structuration de l’action dans ce domaine particulier du façonnement des hommes. Elle suppose une interrogation simple, comment le pays, disposant d’une certaine quantité de moyens (en général financiers), doit- il les utiliser au mieux pour réaliser une animation culturelle de la société ?

Le premier élément de base d’une culture est la langue, expression de l’expérience cumulée de la société. C’est ce qui explique que toutes les cultures soient passées par le stade de l’oralité, dans laquelle nous sommes encore enfermés. Et le drame du Congo, et au-delà, de nombreux autres pays d’Afrique, provient du fait que l’écriture y est absente. La politique culturelle doit, en prime, mettre un accent particulier sur la promotion et la préservation de nos langues nationales comme vecteurs des valeurs essentielles de notre pays.

Depuis de nombreuses années, les performances enregistrées sur le front de la culture découlent es efforts individuels, épars, sans fil conducteur, et en dehors de toute vision de ce qu’elle doit être dans ses multiples déclinaisons. La politique culturelle doit contribuer à donner une cohérence à l’ensemble des actions menées dans ce domaine.

Il est regrettable de le dire, le Congo a sombré dans une véritable léthargie culturelle, en dépit de la tenue, depuis plus de dix ans, du Fespam (Festival panafricain de musique), faute d’événements nationaux d’envergure. Le meilleur exemple qu’on puisse trouver dans l’histoire du Congo, est celui de la semaine culturelle organisée au cours de la décennie 60.

Ses deux éditions ont permis à la jeunesse congolaise de se retrouver autour de la culture et du sport. Elles auront favorisé l’éclosion de toute une génération de sportifs talentueux. Il serait heureux de renouer avec des manifestations de ce type, susceptibles, en plus de l’aspect culturel, de donner un coup de fouet à l’activité économique.

4.1.2 Emploi culturel

Le secteur de la culture représente incontestablement une niche d’emplois insuffisamment explorée. Quels son les domaines impliqués dans la culture ?

Sans être exhaustif, on peut citer : la littérature, le théâtre, les concerts, le cinéma, les fêtes foraines, les spectacles sons et lumières, le music hall, les musées, les monuments, la musique urbaine de danse, la musique religieuse, la musique traditionnelle, la peinture, les bibliothèques, les centres culturels, la conservation du patrimoine, les fouilles et antiquités, les galeries d’art, la diffusion et l’animation culturelle, les enseignements artistiques, la danse, etc.

Comme on peut facilement s’en rendre compte, le secteur de la culture au Congo est encore en jachère et représente des opportunités de création d’emplois, qui permettront de le valoriser. Mais il faut au préalable envisager une formation à grande échelle de tous ceux qui pourraient s’intéresser aux domaines aussi divers que la régie (son, plateau, lumière, etc.), le management, la technique (son, lumière, prise de vue, etc.), ingénierie du spectacle (tourneurs, managers culturels, etc.), réalisateurs, assistants réalisateurs.

Au demeurant, le P.PA.S.D considère que la question de la formation se pose avec la même acuité dans le secteur des médias.

4.2. Médias, télévision publique, Internet

a. Médias

Il faut considérer que les médias constituent désormais à la fois un pendant majeur de la vivacité de la démocratie et un levier stratégique du dispositif économique national.

Les circonstances de l’évolution de la modernité tendent à démontrer qu’il devient utopique d’envisager l’épanouissement de l’individu dans les cadres étroits des territoires ethnique, régional, et même national.

Au contraire, il est réaliste de prendre l’homme dans une socialité davantage affirmée, à l’intérieur d’un espace public de plus en plus large, qu’il nous faut assumer. En conséquence, il nous faut très clairement encourager le développement des technologies de l’information et de la communication :

  •    pour les innovations qu’elles sont susceptibles d’apporter, et qu’elles apportent déjà, au cinéma, à la presse écrite, et à la télévision dont les fonctionnalités intègrent déjà admirablement les consoles de jeux, ou encore les ordinateurs domestiques ;
  •    pour la diversification des pratiques de communication, qu’elles rendent possible, dès lors que les mass-médias dont on craignait à juste titre l’amplification de l’influence sur l’opinion publique, en raison de leur extrême centralisation, peuvent dorénavant être complétés par de nouveaux médias, plus autonomisant, résultant notamment des usages télématiques, et des possibilités qu’offrent les techniques interactives ;
  •    pour l’accélération des compétences démocratiques que favorise l’émergence des TIC, grâce auxquelles l’emprise de la censure sur la production et la diffusion de l’information est appelée à reculer considérablement.

Sous cette vision, somme toute libérale, il nous paraît impératif que, par souci d’équité, le progrès soit diffusé dans toute l’étendue du territoire, en luttant autant que possible, contre la fracture numérique villes-campagnes dans notre pays, c’est-à-dire, contre les déséquilibres dans la répartition géographique des infrastructures et des moyens de communication modernes.

b. Télévision publique

La formulation du projet d’une télévision publique s’appuie elle-même sur le cadre général de libéralisation des médias et des activités de presse, en accord avec les textes réglementaires qui organisent ce secteur d’activités. La télévision publique, qui demeure essentielle dans notre vision, inscrit dans ses missions des rôles d’information, de formation et de divertissement, tout en préservant et en développant sa position cardinale de relais du circuit socio-économique, en tant que pourvoyeur d’emplois.

Notre expérience de l’observation des télévisions du monde, nous révèle que la gestion des télévisions publiques a beaucoup évolué, et en l’occurrence, le statut des missions de service public peut être sauvegardé en multipliant les sources de financement, sans que cela corresponde nécessairement à une inféodation.

Le paiement de la redevance télévisuelle par les consommateurs demeure, entre autres, un moyen de financement qu’il faut protéger, et un instrument de l’indépendance de la chaîne publique, puisqu’il l’éloigne des trafics d’influence de la part des trusts financiers, ou des groupements politiques.

La publicité

La publicité sous toutes ses formes (de marque, d’intérêt collectif, annonces, etc.) doit également être soutenue comme moyen de financement, pour deux raisons :

  •    en servant d’interface entre le monde commercial et industriel, et les consommateurs, elle contribue au dynamisme du marché et améliore les possibilités de croissance de l’ensemble de l’économie nationale, à la condition que le principal organe de régulation des médias, le Conseil supérieur de la liberté de communication (Cslc), en appui de l’Etat, joue effectivement son rôle constitutionnel ;

  •    le domaine de la publicité, dans le cadre des régies publicitaires associées à la télévision publique ou à la radio, est pourvoyeur d’emplois directs et a des effets démultiplicateurs en emplois directs à la périphérie.

    Cette tendance est de toute manière appelée à évoluer en proportion significative, au fur et à mesure du renforcement du tissu industriel dans notre pays.

 

La production audiovisuelle

Dans le même ordre d’idées, la télévision ne peut continuer à être alimentée, dans sa majeure partie, par des programmes et des productions d’origine étrangère, notamment en ce qui concerne les films, les documentaires et autres programmes scientifiques et de divertissement. Si le fait de la mondialisation devient une réalité inéluctable, il nous faut en revanche l’aborder de manière active, en y participant avec ce que notre génie créatif, reflet de notre culture, peut y apporter.

Pour le P.PA.S.D, il est essentiel que nous encourageons la formation de sociétés de production, suffisamment créatives sur le plan artistique, outillées dans la collecte des données, qui permettront d’alimenter des chaînes de télévision à l’intérieur de notre pays, et même à l’extérieur. Les sociétés de production audiovisuelle, tout en contribuant à la promotion de l’espace culturel, enrichissent les capacités d’employabilité dans le domaine.

L’information

Enfin, nous porterons notre attention sur l’information, qui constitue une des données principales de l’activité de la radio, de la télévision et de la presse écrite. La formulation d’une information crédible n’est pas contradictoire de l’intérêt de l’Etat. Au contraire, la valorisation de l’information, en tant que donnée intellectuelle ou produit marchand, participe de la construction d’une société moderne, épanouie, capable de former son jugement de manière avertie, et ainsi envisager l’avenir en parfaite connaissance de cause.

C’est dans ce sens que le P.PA.S.D soutient la libre circulation de l’information, à une époque où celle-ci devient un élément central de l’organisation de la nouvelle société, transparente au demeurant, induite par ce qu’il est convenu désormais d’appeler la « révolution de l’information ».

c. Internet

Notre vision de la place d’Internet dans notre société ne peut, en vérité, pas être dissociée du contexte global de la nouvelle économie dont il est un des piliers organisant. La nouvelle économie, née de l’émergence des Nouvelles techniques de l’information et de la communication (Ntic) d’une part, et singulièrement du développement des performances d’Internet d’autre part, intègre les activités liées au traitement, à la transmission des données, ainsi qu’à l’acquisition des connaissances (éducation, formation, information, conseil, etc.), pour lesquelles l’ordinateur et le téléphone sont des outils de tout premier ordre.

Il faut croire que la vente traditionnelle des matières premières n’est plus une richesse durable et transmissible de génération en génération, et que le renforcement du savoir et de l’information est une garantie de la nouvelle rationalité économique.

Dans de grands pays industriels, les investisseurs dans la connaissance, c’est-à-dire, l’éducation, la recherche-développement, la formation, les logiciels sont de plus en plus élevés parce que la connaissance est un aspect central de la stratégie des entreprises qui ont un besoin vital d’innovation. A fortiori, un pays africain comme le nôtre, dont les nécessités de croissance à long terme reposeront utilement sur la connaissance, dont la particularité est de résister au temps, et de se démultiplier vers d’autres possesseurs.

Nous pouvons également souligner, le fait de l’intensité des activités professionnelles générées par le Net, au nombre desquels, on peut citer par exemple : les portails, le commerce électronique de biens et de services en ligne, la e-économie et la e-finance, les fournisseurs d’accès, les entreprises de services, les spécialistes de logiciels spécifiques ou libres, les spécialistes du e-business, etc.

En autorisant de très grandes ouvertures sur le monde, Internet autorisé également de très grandes possibilités d’ouverture de marchés, voire d’opportunités d’affaires, accessibles à chaque citoyen congolais.

Pour le P.PA.S.D, il est impératif que nous prenions la mesure des transformations de l’espace social, culturel, économique en cours, et que nous saisissions les progrès technologiques inhérents à cette évolution, comme de véritables opportunités d’intégration dans la société de l’information et des nouvelles technologies.

Incontournable défi de société, le développement durable est défini comme « un développement qui répond aux besoins du présent, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs », en d’autres termes, faire en sorte que la croissance d’aujourd’hui ne mette pas en péril les possibilités de croissance des générations futures.

Pour le P.PA.S.D, le développement durable ne doit pas être un effet d’annonce, mais doit véritablement s’intégrer dans une stratégie nationale et devenir une dimension significative de l’action publique, ce qui n’est pas le cas actuellement dans notre pays. C’est pourquoi, il est indispensable que l’Etat définisse et adopte sa stratégie nationale de développement durable qui comportera trois composantes essentielles : économique, sociale et environnementale.

Les finalités de cette stratégie épouseront celles définies par le Forum mondial du développement durable qui s’est tenu à Brazzaville du 27 au 30 octobre 2008 :

  •    la poursuite des objectifs du Millénaire pour le développement (Omd) notamment, la consolidation de la paix, la bonne gouvernance à tous les niveaux pour assurer une croissance économique soutenue, la lutte efficace contre les pandémies et l’élimination de la pauvreté ;
  •    la lutte contre le changement climatique, la préservation des ressources naturelles et de la biodiversité ;
  •    la promotion et la protection des droits fondamentaux ;
  •    la cohésion sociale, la solidarité intra et intergénérationnelle, garantie d’une société
  • ouverte et démocratique ;
  •    la responsabilisation des modes de production et de consommation.

Il s’agit en fait de concilier la protection et la mise en valeur de l’environnement avec le développement économique et le progrès à la fois humain et social.
Ce qui est possible.

1. L’éthique environnementale du PPASD

En vue de promouvoir des modes de production et de consommation plus durables, il convient notamment de briser le lien entre croissance économique et dégradation de l’environnement, et de tenir compte de ce que les écosystèmes peuvent supporter.

À cette fin, le P.PA.S.D plaide pour la promotion des marchés publics écologiques dans lesquels sont définis des objectifs de performance environnementale et sociale.

La gestion plus durable des ressources naturelles constitue aussi un objectif. Il faut en effet éviter leur surexploitation et améliorer l’efficacité de leur utilisation, reconnaître la valeur des services éco systémiques et refréner la diminution de la biodiversité.

Le P.PA.S.D plaide pour la mise en œuvre d’actions prioritaires en matière de protection de la biodiversité et préconise de veiller à l’intégration des aspects liés au réseau hydrographique, à la mer et aux océans.

Les risques pour la santé et l’environnement dus aux produits chimiques doivent être réduits et la recherche sur les liens entre la santé et les polluants environnementaux doit être développée. Les problèmes liés aux épidémies et à la résistance aux antibiotiques doivent être abordés, notamment pour se préparer à une éventuelle pandémie et pour lutter contre le VIH-SIDA, de même que ceux liés au style de vie.

« Sans eau, sans air, sans aliments de qualité, vivre est impossible ». C’est pourquoi le P.PA.S.D est favorable à l’idée d’une fiscalité écologique pour inciter les entreprises à « adopter des comportements vertueux ». Les contours de cette fiscalité reste à définir avec les parties prenantes et dans le cadre de la responsabilité sociale des entreprises.

2. Pour une agriculture durable

Il est une évidence qu’en tant l’activités commerciales, l’agriculture et la sylviculture ont essentiellement pour but de produire et sont, de ce fait, tributaire de la disponibilité de ressources naturelles dont l’exploitation exerce une pression sur l’environnement.

Il est aussi vrai que l’évolution technologique et les critères commerciaux visant à maximiser les rendements et à minimiser les coûts ont eu pour effet de donner lieu à une forte intensification de l’agriculture tout au long des quarante dernières années. En effet, l’agriculture intensive et une utilisation accrue d’engrais et de pesticides entraînent généralement une pollution de l’eau et du sol, détruisant certains écosystèmes importants.

C’est pourquoi le P.PA.S.D plaide pour l’application des conventions ratifiées par le Congo en matière d’agriculture et de sylviculture (Rio 1992). Le Congo doit adopter des mesures agro- environnementales. Les entreprises agricoles et industrielles doivent adopter une « Charte environnementale » qui préserve l’écosystème. Pour cela, le Congo doit définir des normes environnementales.

Mais lorsque nous parlons d’agriculture durable, nous pensons à ces milliers de paysans pauvres qui ne disposent pas de revenus suffisants, pour satisfaire leurs besoins fondamentaux. Ces paysans doivent être aidés par un apport de labour par l’Etat et par un apport en semences.

Tout ceci, aux fins du développement d’une agriculture biologique. Cette agriculture peut devenir l’avenir de nos paysans.

3. Pour une politique éthique de la pêche

Le P.PA.S.D plaide pour l’intégration de vraies exigences environnementales et éthiques dans le secteur de la pêche au Congo, afin de promouvoir un développement durable tel que défini plus haut. Au Congo, les pratiques actuelles dans le secteur de la pêche, surtout maritime, sont carrément criminelles :

– forte pression exercée sur les ressources et sans contrôle efficace de l’administration ;

– destruction de la diversité biologique ;
– méthodes de pêche s’opposant à la pêche durable avec l’utilisation des filets à

mailles non standardisés et des exploits.

Pour le P.PA.S.D, la politique de la pêche est donc à redéfinir et, la protection de la nature dans les zones marines ou fluviales doit devenir une priorité de l’action publique.

Le P.PA.S.D considère qu’il est nécessaire :

  • d’encourager une meilleure compréhension des écosystèmes marins dans le cadre d’un programme cadre de recherche ;
  • d’étendre les mesures de gestion à la protection des habitats et des espèces commerciales ;
  • d’analyser l’application des principes de prévention, de correction à la source et de pollueur-payeur dans le domaine de la pêche ;
  • d’entreprendre des projets pilotes pour faciliter la collecte des données sur les rapports entre la pêche et l’environnement ;
  • de mettre en œuvre une gestion intégrée des zones côtières ;
  • d’informer le grand public de l’impact de la pêche et de l’aquaculture sur les écosystèmes ;
  • d’envisager le recours à des mesures compatibles avec les obligations de l’Organisation mondiale du commerce (Omc) pour promouvoir des pratiques de pêche durables et respectueuses de l’environnement ;
  • de remédier aux effets nuisibles sur l’environnement marin, et donc sur les ressources halieutiques, des activités humaines autres que la pêche.
 

4. Pour une politique responsable dans l’industrie extractive

Au Congo, l’industrie extractive est composée de trois sous-secteurs : les minéraux métalliques, les matériaux de construction et les matériaux industriels.

Les incidences de l’industrie extractive sur l’environnement sont principalement de deux sortes : l’exploitation de sources non renouvelables risque d’en priver les générations futures et les activités de cette industrie détériorent l’environnement (pollution de l’air, des sols, de l’eau, le bruit, destruction ou perturbation d’habitats naturels, impact visuel sur le paysage, effets sur le niveau des nappes phréatiques).

Le thème des déchets produits par l’industrie extractive est un problème très important. L’industrie minière est l’une des activités qui produit le plus de déchets. Certains de ces déchets sont dangereux.

Les anciens sites miniers abandonnés et les carrières non réhabilitées gâchent le paysage et peuvent être dangereux pour l’environnement, surtout à cause des eaux acides provenant de ceux-ci.

C’est pour cela que le P.PA.S.D plaide pour l’intégration du développement durable dans l’industrie extractive, tout en gardant un équilibre entre la compétitivité du secteur et le respect de l’environnement :

  1. Les aspects les plus importants pour intégrer les questions environnementales dans l’industrie extractive sont de prévenir les accidents dans les mines, d’améliorer le respect global de l’industrie par rapport à l’environnement et d’améliorer la gestion des déchets miniers. Il faut donc légiférer sur la responsabilité environnementale et les principes pollueur-payeur et renforcer les principes de la prévention, de la précaution, et autres dont l’industrie extractive doit impérativement tenir compte ;

  2. Intégrer la sécurité des installations minières et d’un plan d’action dans les concessions octroyées ;

  3. Les entreprises doivent adopter des codes de conduite, des guides de bonnes pratiques et des politiques en matière de protection de l’environnement ;

  4. Faire l’inventaire des sites miniers abandonnés et des carrières non réhabilitées, qui gâchent le paysage et peuvent comporter des risques pour l’environnement, ainsi que pour la sécurité des biens et des personnes. Une fiscalité spécifique aux abandons de site doit être définie et pratiquée.

5. Écotourisme et développement durable

La réduction de la pauvreté dans le monde, et plus particulièrement en Afrique, figure au premier rang des priorités des Nations-Unies, comme en témoigne es objectifs de développement du millénaire. Pour y parvenir, l’écotourisme semble se présenter comme une arme de choix selon l’Organisation mondiale du tourisme (Omt). En effet, réduire la pauvreté grâce au tourisme durable est depuis le Sommet mondial pour le développement durable de Johannesburg en Afrique du Sud (2002) une priorité pour l’Omt.

L’écotourisme est un segment du tourisme durable qui se définit, selon l’Omt, comme « satisfaisant aux besoins présents des touristes et des régions hôtes, tout en protégeant et en mettant en valeur les opportunités pour le futur ». La Déclaration de Québec, mai 2002, « Année internationale de l’écotourisme », précise trois critères prépondérants à l’écotourisme : le bénéfice aux communautés locales, le respect de l’environnement et la qualité de l’expérience du touriste dont le voyage s’inscrit dans une démarche cognitive. Dans le contexte congolais, et plus généralement africain, la notion de « bénéfice aux communautés locales » est fondamentale. Les membres de ces dernières devant être directement impliqués dans l’activité touristique et en tirer profit.

 

En tant que forme de tourisme responsable et respectueuse des espaces naturels et du patrimoine culturel national, l’écotourisme peut contribuer à la protection de l’environnement et au bien-être des populations locales, par la valorisation, la gestion, la conservation et la préservation consciencieuse des espaces naturels et de leur cadre de vie.

À ce titre, l’écotourisme revêt plusieurs enjeux pour le développement et la promotion d’un secteur touristique à la fois fort, responsable et économiquement viable dans notre pays :

a. Les enjeux socio-économiques : l’écotourisme, plus rentable sur le moyen et le long terme qu’une gestion extractive de la nature, est un outil efficace de valorisation économique pour nos zones naturelles ou les sites d’exception dont regorge notre pays. Il favorise la création et le développement d’emplois locaux, sans détruire l’environnement. L’écotourisme est aussi un excellent outil de lutte contre la pauvreté et de réappropriation culturelle.

b. L’enjeu environnemental : L’écotourisme permet de maîtriser l’impact du tourisme commercial sur l’environnement et de financer des projets de protection de l’environnement.

c. La gouvernance et l’écotourisme : l’écotourisme permet d’impliquer les communautés locales à la préservation de leur cadre de vie et de leur environnement naturel en favorisant une véritable prise de conscience chez nos populations, et chez les touristes de passage dans notre pays, quant à l’impérieuse nécessité de préserver notre capital naturel et culturel.

En l’absence d’une véritable volonté politique en faveur de son développement et de sa promotion dans notre pays, l’écotourisme n’en est encore qu’à ses balbutiements, notamment avec des initiatives telles que celles conduites dans le cadre des projets Ecofac, Ppg (Projet de protection des gorilles) ou encore des activités de l’Ong anglaise WCS.

Aussi, le P.PA.S.D milite ardemment pour que le développement et la promotion de l’écotourisme dans notre pays, ne soit plus simplement un vain mot, mais qu’ils s’inscrivent véritablement dans notre politique environnementale et touristique nationale, ainsi que dans les différentes initiatives de lutte contre la pauvreté mises en place par l’Etat.

En effet, comme on pouvait le lire dans un récent communiqué de presse de l’Omt, « En Afrique, le tourisme servira à lutter contre la pauvreté, si l’Etat crée de bonnes conditions pour cette activité ».

Autrement dit, notre pays, comme la plupart des autres pays africains, constitue une destination prisée pour le tourisme de « nature » du fait de la richesse de sa faune et de sa flore, doit, dans une perspective de développement durable, profiter de cette manne. Notamment quand ce profit économique peut aller directement aux populations rurales vivant aux alentours ou au sein même des parcs et sites naturels.

En somme, la notion d’écotourisme doit répondre, au Congo-Brazzaville, à l’exigence suivante : tourisme de « Nature » doit être associé au concept de « durabilité ».

En conclusion de cette contribution, le P.PA.S.D fait sienne l’analyse d’un parti expérimenté :
« Le développement durable, c’est aussi un espoir. L’espoir de nouveaux débouchés pour certains secteurs, comme l’agriculture ou le tourisme. L’espoir de nouveaux marchés pour certaines de nos entreprises, d’autant plus que nous avons des fleurons industriels et de services en la matière. L’espoir enfin d’une meilleure qualité de vie. Moins de pollution, moins de bruit, moins de nuisances, moins de gaspillages, plus d’espaces verts et de paysages plus beaux. Et c’est aussi une société du respect ».

6.a.1. Axes prioritaires dans les domaines économiques et financiers

 

i. Transparence

  • Renforcement de la capacité des principales institutions de contrôle : Cour des comptes, Inspection générale d’Etat, inspection générale des finances, etc.
  • Renforcement de la capacité de la Commission nationale de lutte contre la corruption et la blanchissement d’argent.
  • Présentation au Parlement, d’un rapport trimestriel détaillé sur l’exécution du budget, authentifié par la Cour des comptes.
  • Légiféré sur tous les futurs contrats impliquant l’Etat dans les secteurs d’extraction minière et d’exploitation forestière.
  • Publication annuelle des contrôles de la Cour des comptes concernant l’affectation des économies réalisées par l’initiative PPTE, le suivi des dépenses dans les secteurs sociaux clés, la gestion financière dans les grandes entreprises publiques et les revenus tirés des secteurs miniers, pétroliers et forestiers. Ces contrôles peuvent être délégués par la Cour des comptes aux cabinets internationaux d’audit et/ou de vérification.

ii. Finances publiques

  • Application stricte des textes législatifs et réglementations portant sur le fonctionnement des finances publiques (cf. « La réforme de la gouvernance publique ») ;
  • Adoption par le Parlement d’un nouveau cadre sur la passation des marchés ;
  • La mise en œuvre des mesures visant à élargir l’assiette fiscale (cadastre fiscal et impôts fonciers) à renforcer la capacité des douanes et de la Direction générale des impôts ;
  • Réduction de l’IS (impôt sur les sociétés) pour permettre le réinvestissement des
  • surplus. Le différentiel entre le Congo et les autres pays sera en faveur du Congo, et l’incitera à faire les investissements sur place et à limiter les transferts indirects de bénéfices ;
  • L’arrêt du recours aux paiements par anticipation (Ppa) ;
  • L’audit des arriérés d’investissement, ceux-ci constituant déjà un dysfonctionnement du budget ;
  • L’accroissement des dépenses essentielles en faveur de la solidarité nationale ;
  • Achèvement du recensement de la fonction publique et création d’un fichier unique (fichier unique civile et militaire et budget de l’Etat) ;
  • Redéfinition du système actuel des rémunérations en concertation avec les partenaires sociaux en tenant compte des contraintes budgétaires ;
  • Mise en place d’une fiscalité appropriée aux secteurs miniers et forestiers.

 

iii. Réforme des entreprises publiques

  • La restructuration et réhabilitation de l’Arc (Assurances et réassurances du Congo), afin de lui donner une double mission, commercialisation d’une part, et service public d’autre part ;
  • Mise en concession des entreprises publiques : ports, CFCFO, E2C, LCDE aéroports internationaux. Cette mesure, aux fins d’arrêter les subventions indirectes nées du non reversement des impôts et des cotisations sociales, et création de société de patrimoines, propriétaires des actifs financés par l’Etat et les droits du concédant ;
  • Unification des caisses de retraites (CREF ; CNSS) pour optimiser leur gestion ; l’Etat prenant en charge le déficit de la nouvelle caisse ;
  • Création d’une structure de gestion du portefeuille de l’Etat ;
  • Réforme de la Caisse congolaise d’amortissement (CCA) et de la Direction générale de la monnaie et du crédit (DGMC). Ces structures doivent reprendre leurs fonctions originelles.

L’ensemble de ces mesures concoure à une meilleure maîtrise de l’économie, ainsi qu’à dégager des surplus à investir dans les secteurs sociaux et de lutte contre la pauvreté.

6.a.2. Axes prioritaires dans le secteur pétrolier

Le secteur pétrolier joue un rôle très important au Congo. La stratégie pétrolière nationale est bâtie autour de la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC).

Pour le P.PA.S.D, la Snpc doit demeurer le noyau dur de la stratégie nationale en ce sens qu’elle a acquis un savoir-faire et une compétence spécifique, tant en ce qui concerne la sécurité de l’exploitation, que la commercialisation du pétrole. L’acquisition de cette compétence a toujours fait partie des principaux objectifs que s’est assigné le Congo dans le cadre de sa politique pétrolière depuis trois décennies.

Si une part importante des connaissances lui a d’abord été apportée par des sociétés étrangères (contrats de partage et associations) depuis Hydro-Congo, le pays possède aujourd’hui une expertise pétrolière de haut niveau.

Aujourd’hui la Snpc intervient dans la plupart des étapes de l’activité pétrolière, depuis la prospection et les travaux de développement, jusqu’à la production, au transport et à la commercialisation. La Snpc, conseil pétrolier de l’Etat, est un acquis à conserver. Il est cependant important qu’elle :

  • renforce les règles de gouvernance, le secteur pétrolier représentant un enjeu primordial pour l’avenir du pays. C’est à partir de lui que le gouvernement peut continuer à générer les ressources nécessaires pour la reconstruction et le développement du pays ;
  •   œuvre pour que l’activité pétrolière n’entre pas en conflit avec les impératifs de la protection de l’environnement ;
  •   finance véritablement la lutte contre la pauvreté, au travers du logement social et du système éducatif à partir de sa fondation ;
  • contribuer à l’augmentation de la PID, afin que celle-ci serve à financer le système de santé, la formation, la création d’entreprises grâce à un cautionnement à délivrer aux jeunes créateurs.

 

Le P.PA.S.D plaide pour la création d’un Fonds Pétroliers qui est une épargne à deux objectifs :

  •  contribuer à financer les dépenses sociales futures. Le Congo doit devenir une société égalitaire en redistribuant une partie de ses revenus pétroliers à sa population par le biais de politiques sociales généreuses (gestion de la demande sociale) ;
  • stabiliser et soutenir l’économie.

Le fonds permettra à l’Etat congolais de prendre des participations à hauteur de 20% dans les sociétés pétrolières majors qui opèrent au Congo. ceci permettra à l’Etat de participer à la définition des politiques pétrolières de ces sociétés au Congo notamment en matière de protection de l’environnement et de formation des cadres et techniciens congolais.

i. Transparence

  •   Publication des chiffres de production et de réserves ;

  •   Arrêt de l’octroi des permis de gré à gré. Les appels d’offres doivent être systématiques ;

  •   Obligation de publier les audits annuels des coûts pétroliers et des recettes pétrolières ;

  •   Obligation de publier les comptes annuels certifiés par un cabinet d’audit international ;

  •   Considérer la transparence des revenus pétroliers comme un facteur chef de la bonne gouvernance ;

 Les compagnies pétrolières exploitant au Congo doivent se conformer et soutenir la campagne « Publiez ce que vous payez » et rendre public, de façon détaillée et régulière, le détail précis des impôts, redevances et autres paiements versés à l’Etat congolais.

ii. Financements publics

  •   L’arrêt des préfinancements pétroliers. Le recours au préfinancement est, à l’origine, occasionné par le décalage entre la période de réalisation des dépenses budgétaires et celle de l’encaissement des recettes de l’Etat issues de la vente de pétrole ;
  •   L’arrêt du recours aux gages pétroliers. Le pays a été obligé d’utiliser ses réserves pétrolières comme garantie pour contracter des emprunts auprès des banques commerciales étrangères et de sociétés privées. Ces emprunts gagés sur le pétrole assortis de taux d’intérêts très élevés sont exceptionnellement difficiles à renégocier ;
  • Privatisation de la raffinerie. Cela permettra d’orienter les subventions actuelles aux projets citoyens.

6.b . Une économie diversifiée

L’Economie congolaise ne saurait demeurer «rentière». Il faut développer une véritable économie productive s’appuyant sur la théorie des «Pôles de développement», pouvant assurer de manière pérenne la croissance de l’économie congolaise. Les objectifs sont la réduction de la dépendance aux recettes pétrolières et la réduction des importations. Pour y arriver, le Congo doit avoir un véritable projet agricole et industriel.

i. Le projet national de développement agropastoral

Le projet national de développement agropastoral doit se fixer l’objectif de rehausser le niveau de la productivité. Ce projet doit être soutenu par de conséquentes subventions, en vue de sa modernisation et de sa relance. Pour ce faire, la politique réaliste et pragmatique des offices doit être réhabilitée. Ceci est une condition pour la relance de l’agriculture et de l’élevage.

ii. Le projet industriel

Le projet industriel est possible dans les secteurs des matériaux de construction, agricole ; d’import-substitution et des minerais. Mais cela demeure une voie étroite au regard des contraintes du marché extérieur, sauf à opter, pour un projet industriel d’exportation, avec développement des zones franches de production. La mise en œuvre de ce projet industriel passe par :

  • la nécessité de promouvoir l’entreprenariat et le secteur privé ;
    la définition d’une politique nationale du crédit à l’investissement. Les banques ne doivent pas constituer un frein, mais plutôt accompagner le projet ;
  • le développement des infrastructures de désenclavement ;
  • l’électrification des zones rurales.

Les autres axes de diversification consisteraient à développer une économie de services créatrice d’emploi : transport, transit, tourisme, banques, télécommunications, sous- traitance, etc.

Pour le P.PA.S.D, la politique doit répondre aux exigences suivantes :

  1. La visibilité du Congo à l’extérieur dépend de sa double dimension :
    – gouvernance éthique
    – respect des règles démocratiques dans la gestion de l’Etat.
  2. L’Union Africaine est notre devenir collectif tant du point de vue politique qu’économique. Le Nepad demeure l’axe principal de l’intégration.
  3. L’affirmation de l’appartenance à la famille francophone et donc, le respect des fondamentaux éthiques (bonne gouvernance, satisfaction de la demande sociale, la démocratie et l’alternance pacifique, la paix, etc.).
  4. Une participation active à la CEMAC (politique et économique) et à la CEEAC. En effet, les économies nationales peuvent profiter d’un marché significatif et intégrateur, pour une croissance vertueuse et, un développement durable de la sous- région d’Afrique centrale. Le respect des critères de convergence doit être impératif.
  5. Le strict respect des engagements internationaux pris par le Congo dans le cadre des conventions et accords internationaux, des lois et règlements.
  6. Le respect des frontières territoriales issues de la décolonisation.
  7. La non-ingérance dans les affaires intérieures des Etats voisins. Le respect de leur souveraineté et de leur légitimité est inaliénable.
  8. Les relations avec l’Union Européenne (UE) demeurent l’axe fondamental de la politique étrangère. Le « Passe » commun constitue le « Socle » des alliances renouvelées par plusieurs générations. Le passé colonial de l’UE relève désormais de l »histoire – malgré les conséquences dommageables pour nos Etats – et devrait nous permettre de mieux nous projeter dans l’avenir.
  9. Le développement des relations Sud-Sud doit être encouragé. En effet, la délocalisation des systèmes entiers de production vers les pays émergents a été accompagnée d’un vrai transfert de technologies. La diplomatie économique du Congo doit pouvoir en profiter.
  10. La redéfinition, la réorganisation et la restructuration du réseau de nos ambassades, représentations et relais diplomatiques à l’étranger pour une meilleure occupation de l’espace diplomatique. Le développement économique doit être au centre de la politique étrangère.
  11. Soutenir le dialogue Arabo-Israélien. La paix dans le monde en dépend !
  12. Soutenir l’Union Africaine dans sa revendication légitime pour participer au G20.

m. Le sport et la culture doivent contribuer à la visibilité du pays et la politique

étrangère doit être à leur service.

Pour le P.PA.S.D, il faut rompre avec la diplomatie des chancelleries, pour une diplomatie de terrain pragmatique et, véritablement au service du développement économique et social de notre pays.